Et si l'énergie
devenait publique ?

Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle 2017,

C’est vrai que la question peut paraître folle ! Elle est pourtant passionnante et, sauf votre respect, elle devrait passionner plus le débat public ! Car, de quoi s’agit-il au fond ? De l’enjeu collectif et 67 millions de fois individuels de notre modèle énergétique à venir.

À l’évidence, notre modèle actuel pose déjà problème : à notre santé, à l’environnement, à nos porte-monnaie. Et si rien ne change, le problème ne fera que s’aggraver. Surtout, un autre modèle est à portée de mains des français : un modèle décentralisé, à rebours de nos choix énergétiques passés mais capable d’accélérer la transition énergétique.

Alors, oui, la question mérite d’être posée : qu’en pensez-vous ? Et surtout que proposez-vous car, études et données à l’appui, il y a fort à penser que seul l’investissement de tous les Français dans un nouveau modèle énergétique pourra provoquer le changement !

Consulter notre comparatif Télécharger l'étude TNP*

*Le contenu de ce site est basé sur une étude TNP, cabinet de conseil français indépendant. Cette étude a été réalisée en mars 2017 sur commande d’ekWateur.

1. Changer d'énergie, on le peut et on le doit !

En matière d'énergie, les chiffres font la loi

Arrêtons de faire nos TRUMP ! Bien-sûr que nous devons changer d’énergie, ici et maintenant : pour nous, pour la planète, et surtout pour les générations d’après. D’ailleurs, les experts ne sont plus seuls à le dire, certains chiffres ont désormais force de loi.

Objectif principaux de la loi TECV** du 18 août 2015
- 40 % - 50 % - 30 % + 32 % 50 %
Réduction des gaz à effets de serre à l'horizon 2030. Réduction de la consommation d'énergie finale d'ici 2050. Réduction de la consommation d'énergies fossiles d'ici 2030. Part de l'énergie renouvelable produite en 2030. Part de l'énergie nucléaire dans la production globale d'ici 2050.

Changer de monde énergétique, c'est maintenant ou jamais

« Ok » dirait Ségolène, les gros chiffres, ça fait punition : aura-t-on encore le droit de se chauffer ? Absolument car non seulement nous devons changer d’énergie mais encore nous le pouvons ! D’abord, parce que, incroyable mais vrai, nos besoins énergétiques vont baisser de 1,7 % en tendance dès 2021 suivant le scénario de référence de RTE***. Mais surtout, parce qu’un nouveau modèle s’est fait jour avec la fin du monopole sur la production d’énergie en France (loi du 10 Février 2000) : il repose, au pays de Colbert et du centralisme énergétique, sur la décentralisation de la production !

Allez, faîtes un petit effort d’imagination ! Ce modèle, voilà à quoi il ressemblerait :

Un modèle fondé sur les énergies renouvelables Un modèle à la puissance smart grid Un modèle d'énergies locales et transparentes
Un modèle où de petites unités de production d’énergie renouvelable seraient raccordées à des tensions peu élevées au même réseau de distribution pour se substituer progressivement et efficacement aux grandes centrales de production (nucléaire, charbon…). Un modèle où ces petites unités seraient connectées entre elles avec les consommateurs finaux pour former une « Smart Grid » (« grille intelligente ») et nous permettre de gérer plus intelligemment production et consommation d’énergie (fini les surcharges et fini le gaspillage). Un modèle, last but not least****, où la production d’énergie pourrait être locale pour une plus grande transparence et une plus grande maîtrise donnée aux consommateurs finaux d’énergie : enfin, chacun deviendrait acteur responsable de la transition énergétique.

L’énergie décentralisée ou la force de l’évidence

Et pourtant non, nous ne le sommes pas : passionnés d’énergie plutôt ! Mais face à une idée géniale, les réactions sont toujours les mêmes : d’abord, on crie au fou, ensuite au danger avant d’y voir une évidence ! Or, oui, ce modèle a la force de l’évidence :

  • Parce qu’il optimise la gestion du flux énergétique contre la congestion du réseau : en produisant de l’électricité au plus près des endroits où elle est consommée, les lignes de transports et de distribution sont moins intensivement utilisées.
  • Parce qu’il donne aux consommateurs une plus grande maîtrise de leur consommation et de son coût : grâce aux solutions de communication (interface web, pilotage et suivi, alertes consommation, offre d’effacement ou de report), chacun peut choisir de payer son électricité au moment où elle est la moins chère.
  • Parce qu’il permet enfin aux consommateurs de devenir acteurs de la transition énergétique : dans un circuit court de production / consommation et surtout plus communicant, chacun peut décider de consommer plus d’énergies renouvelables et de prendre part à des actions collectives de maîtrise de la consommation.
  • Parce qu’enfin, oui ce modèle est générateur de croissance et d’emploi, car il soutiendrait le développement de toute une filière de production de nouveaux moyens de production et de consommation !

Qu’est-ce qu’on attend pour changer de monde énergétique ?

Dès aujourd’hui, c’est possible grâce aux progrès de la technologie :

Désormais, nous savons maîtriser les énergies de type solaire, éolienne, hydraulique, géothermique. Surtout, une autre filière se développe, fondée sur des énergies dites pilotables car moins soumises aux aléas (météorologiques notamment), telles que la cogénération de bois, la méthanisation, le CSP (Concentration Solar Power) ou encore le turbinage avec centrales électriques à réservoirs.

De même, le stockage de l’énergie, vieux défi pour les scientifiques, connaît des avancées significatives qui permettent un usage optimisé d’énergies renouvelables dont le niveau de production est « par nature » variable !

De court terme Par transfert inter-saisonnier
Stockage d'électricité par air comprimé adiabatique, dans les batteries au niveau individuel ou collectif (6h de décharge). Stations de pompage, constituées de deux bassins hydrauliques à des altitudes différentes (32h de durée hebdomadaire). Fillières « Power to Gaz » (transformation de l'électricité en hydrogène par électryse de l'eau) et « Gaz to Power ».

Reste à pouvoir connecter ensemble production, stockage et consommateur final. Et bien c’est possible désormais en transformant le réseau de distribution en véritable système de communication pour prendre les meilleures décisions de pilotage des flux énergétiques au niveau individuel, local et plus seulement global ! Résultat : moins de surcharge et moins de coupures. Surtout la maîtrise de la variabilité de production des énergies renouvelables !

2. Demandez le programme énergétique 2017 !

Changer de modèle énergétique, on le doit et on le peut ! On le doit, car c’est désormais la loi. Surtout on le peut grâce au modèle de l’énergie décentralisée, seul capable de connecter production durable et consommation responsable d’énergie. Mais alors, qu’en pensent les principaux candidats à l’élection présidentielle, et surtout que proposent-ils ?

Commençons par analyser les programmes

A la prochaine élection présidentielle ils seront 11, et par mesure d’équité nous les citons tous (source : AFP)

Nathalie Arthaud
(Force Ouvrière)
François Asselineau
(Union populaire républicaine)
Jacques Cheminade
(Solidarité et progrès)
Nicolas Dupont-Aignan
(Debout la France)
François Fillon
(Les Républicains)
Benoît Hamon
(Parti Socialiste)
Philippe Poutou
(Nouveau parti anticapitaliste)
Jean-Luc Mélenchon
(La France insoumise)
Marine Le Pen
(Front National)
Emmanuel Macron
(En marche !)
Jean Lassalle
(Résistons !)

Parmi eux, 5 candidats semblent en position de peser significativement sur l’élection à venir (source: Ouest France), c’est pourquoi nous avons décidé de comparer leur programme en priorité, autour de 5 critères :

  1. La transition énergétique : oui mais comment ?
  2. Le devenir du parc de centrales nucléaires : stop ou encore ?
  3. La promotion de l’écologie dans la société : ça ne peut pas faire de mal.
  4. Le traitement des logements passoires : parce qu’il serait temps.
  5. La coordination internationale : car l’énergie n’a pas de frontière.

Surtout, nous rapporterons ces 5 programmes aux objectifs de la loi TECV****. Parce que les candidats les font leurs et surtout parce que c’est la loi : elle s’impose à tous !

Les objectifs de mix de production d'électricité selon des candidats

50% de nucléaire d'ici 2025 : promesse tenable ?

Cet objectif est au cœur de la loi. Pourtant 3 candidats seulement s’engagent à l’atteindre : Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, sans préciser comment ils feraient. Les 50% de nucléaire sont tenables et supposent de nombreux prérequis.

Quel choix de mix énergétique ?

Disons-le tout net, tenir les 50% impose de redéfinir largement le mix énergétique français, et de choisir les sources d’énergie de substitution, car la part du nucléaire dans notre pays dans la production électrique était encore de 73% en 2016 !

Le schéma 2025 a été réalisé en fonction des prévisions de demande énergétique retenues au sein du scénario de référence du bilan prévisionnel de RTE soit 466 TWh (térawatt-heure) à l’année. De même, il repose sur des projections de coût des technologies à horizon 2025, hypothèse structurante de l’ensemble de notre étude. Dans ce mix, les potentiels maximum installables (c’est à dire le gisement) de la cogénération au bois ainsi que la géothermie sont utilisés presque à 100 %. Soulignons enfin que la filière éolienne marine n’est que peu considérée dans ce modèle car elle est encore très dispendieuse.

Comme nos schémas le montrent, il faudra parvenir à une réduction de 23 % de la production nucléaire en moins de 20 ans ! Soit fermer 20 réacteurs, l’équivalent de 5 centrales. Un choix qui, d’un point de vue économique, ne serait pas sans conséquence.

D’un côté, des coûts seront évités car le projet de Grand Carénage (de rénovation) s’appliquera sur moins de centrales. En nous appuyant sur les chiffres de la Cour des Comptes, nous arrivons à une économie de près de 34 milliards d’euros ! Mais le démantèlement en lui-même des 5 centrales aura également un coût... Rien que pour la fermeture de Fessenheim, l’Etat a prévu d’indemniser EDF à hauteur de 466 millions d’euros. Le jeu pourrait être à somme nulle, au mieux !

De plus, il ne suffira pas de démanteler des centrales, encore faudra-t-il leur substituer d’autres sources d’énergie durables à prix compétitif ! Or le coût des énergies de substitution pourrait être encore supérieur de 30 % face au nucléaire à horizon 2025... Il s’agit maintenant d’anticiper cette sortie en définissant le meilleur scénario.

Quelle stratégie pour accélérer la construction de moyens de production durables ?

Tenir l’objectif des 50 % impose donc d’accélérer significativement les vitesses de construction de l’ensemble des ressources d’énergies renouvelables pertinentes pour substitution : le photovoltaïque et surtout la filière éolienne terrestre, laquelle devrait passer de 500 à 1 528 unités construites par an pour atteindre les 12 000 éoliennes nécessaires à terme.

Accélérer donc, mais aussi savoir où construire : c’est près de 4 000 km² au sol et 105 km² en mer qu’il faudrait préempter pour construire le parc de production nécessaire. Des chiffres qui imposent de prendre en compte la réaction de populations peu enclines à voir construire des éoliennes en lieu et place des paysages naturels.

Résumons : autant du point de vue de la production que de l’opinion, tenir l’échéance de 2025 nécessitera plus que des promesses : de définir une stratégie. Et pourtant, deux candidats : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, vont plus loin encore, en se fixant l’objectif radical de 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2050 !

100 % d'énergies renouvelables d'ici 2050 : promesse tenable ?

Cet objectif suppose de mettre en oeuvre des moyens ambitieux. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le schéma du mix énergétique qu’il faudrait atteindre à échéance pour tenir l’objectif !

A quoi pourrait ressembler un mix 100 % renouvelable ?

Ce mix inédit, c’est l’ADEME qui l’a établi en optimisant le parc de production de façon à répondre à la demande à chaque heure de l’année à moindre coût. Il repose notamment sur la généralisation d’une nouvelle génération de turbines éoliennes offrant une production accrue à des vitesses de vent plus faibles, ce qui permet de rendre exploitables des sites encore considérés comme non rentables. De plus, ce mix suppose la diffusion d’une seconde génération de compteurs communicants d’ici 2050 afin de généraliser le déploiement de dispositif permettant le pilotage des usages à coûts réduits.

Atteindre 100 % d’énergie renouvelable en 2050 semble donc possible mais, encore plus que pour l’échéance 2025, à plusieurs conditions incontournables :

  1. Augmenter considérablement les moyens de production d’énergie renouvelable : disons-le clairement, avec 45 000 éoliennes terrestres, 5 000 éoliennes marines et des km² de panneaux photovoltaïques, c’est toute une filière industrielle française qu’il faudrait mettre sur pieds !
  2. Accélérer la mise en place de la gestion de l’énergie en mode Smart Grid afin de piloter au plus fin les capacités de production en énergie renouvelable d’une part, les capacités de stockage d’autre part et enfin la demande des consommateurs finaux.
  3. Augmenter le niveau d’acceptabilité sociale des unités de production d’énergie nécessaires sur le territoire français. Car, encore une fois, personne ne souhaite qu’une éolienne, un jour, gâche la vue...

Le 100 % renouvelable : à quel prix ?

À une telle échéance, autant le dire tout net : il n’y a pas de visibilité sur l’évolution des prix des différentes sources d’énergie. Certes, la tendance est à la baisse sur les prix des sources de production renouvelable et à la hausse sur ceux du nucléaire. En plus des ruptures technologiques pourraient survenir et redistribuer les prix. De même, les coûts des moyens de stockage, coûts additionnels, sont difficilement quantifiables.

Des programmes différents, pour quelle conclusion ?

Bien-sûr, les meilleures conclusions seront les vôtres, et le seul parti que nous défendrons ici est celui d’aller voter ! Soulignons tout de même que les principaux candidats s’expriment sur la question de l’énergie. Et si deux d’entre-eux disent vouloir prolonger l’exploitation du parc nucléaire de 40 à 60 ans, tous en revanche s’accordent sur la nécessité d’augmenter à l’avenir la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique global.

3. L'énergie publique : un appel à l'énergie de tous !

L'inconnue venue d'en haut

Décidément, nous sommes bien le pays du Commissariat général du Plan car, en matière d’énergie comme ailleurs, notre premier réflexe est d’attendre que les solutions viennent d’en haut, de l’Etat, des administrations, des politiques. C’est légitime.

Cependant, il suffit d’étudier les programmes des 5 candidats les mieux placés pour arriver à quelques conclusions simples : certes aucun des candidats majeurs n’esquive la question cruciale de l’énergie à l’avenir. En revanche, aucun ne définit de stratégie capable d’attendre les 50 % de nucléaire en 2025, encore moins le 100 % de renouvelable en 2050.

Pour une action venue d'en bas

Bien-sûr, on pourrait se dire que c’est par absence de volonté réelle que les candidats se contentent de promesses. Nous ne le ferons pas. Notre conviction en revanche est qu’il n’est plus temps d’attendre toutes les réponses d’en haut. Elles doivent venir d’en bas : de la société civile, de la DEMANDE des consommateurs d’un nouveau modèle !

Alors accélérons la transition énergétique compteur par compteur

Oui, tenir l’engagement de 50% de nucléaire en 2025, et converger vers les 100% de renouvelable en 2050 semble possible à condition que trois DEMANDES, les nôtres, s’expriment fortement, conjointement et dès maintenant !

  1. Une plus grande DEMANDE d’énergie renouvelable dans le mix de consommation énergétique de chacun, pour stimuler les implantations d’unités de production de ce type d’énergie tout en provoquant une baisse tendancielle de leur prix.
  2. Une plus grande DEMANDE de solutions type Smart Grid à un niveau individuel ou local, afin de mettre en connexion production et consommation finale d’énergie et de piloter enfin intelligemment et sur un mode responsable notre énergie !
  3. Une plus grande DEMANDE d’implantations d’unités de production durable et locale en substitution des grandes centrales, afin de tenir les objectifs de production et de responsabiliser chacun sur sa consommation d’énergie.

Alors, imaginons que ces demandes s’activent effectivement. Il en résulterait une accélération de notre transition énergétique commune qu’aucun politique, quels que soient ses objectifs affichés et ses moyens concrets ne parviendrait à produire seul !

Et si l'énergie devenait publique ?

Vous voulez plus d’énergie renouvelable, plus d’énergie à la puissance Smart Grid ? Vous souhaitez consommer plus intelligemment, entrer dans des actions collectives pour mieux maîtriser l’énergie ? Vous voulez encore consommer local ou devenir producteur d’une partie de vos propres besoins énergétiques ?

A toutes ces demandes, ekWateur a déjà des réponses. Car c’est la mission d’ekWateur de fournir au plus grand nombre, au plus vite, dans les meilleures conditions de prix, et encore sans concession sur la qualité (fourniture garantie 100 % sans coupure !) toutes les solutions que nous promet l’avenir énergétique collaboratif !

Mais franchement, regardez nos offres et regardez-en d’autres, libre à vous. Le sens de notre démarche, c’est d’abord de partager avec vous une nouvelle vision. La vision d’une énergie qui, après avoir été d’Etat pendant des décennies ne se contenterait pas de devenir privée par un simple effet de dérégulation. Non, une énergie qui deviendrait enfin publique, c’est-à-dire investie en tant qu’enjeu et maîtrisée en tant que ressource par un plus large public.

Cet avenir est à portée de mains alors, n’attendons plus, rendons l’énergie publique !

Le site ekwateur2017.fr est réalisé pour le compte du fournisseur d'énergie ekWateur et n'est pas un site officiel de l'état français.

* Le contenu de ce site est basé sur une étude TNP, cabinet de conseil français indépendant. Cette étude a été réalisée en mars 2017 sur commande d’ekWateur.

** Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte.

*** Réseau de Transport d'électricité.

**** Enfin et surtout.